SOS, la savane transformé en charbon de bois

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Vendeur de charbon de bois (crédit photo)

Deux ou trois sacs de charbon de bois attachés sur une bicyclette et le voilà partit à l’assaut des acheteurs dans les villes ou agglomérations environnantes. Dans nos contrées, la majorité des paysans se sont reconvertis à la production du charbon de bois et ce, sans se soucier de l’attribution ou non de permis de coupe et d’exploitation.

A Dimbokro, chef lieu de la région du Nzi (environ 210km d’Abidjan), par exemple, nous rencontrons beaucoup cette activité. Située dans une zone de savane arborée, cette région connait une déforestation irréversible. La recherche de nouvelles terres cultivables chaque année et la destruction des arbres pour la production de charbon, pour ne citer que ceux-là, sont des facteurs à ne pas négliger, si on souhaite sauver le peu de forêts galeries et d’arbustives de nos savanes. Les maigres revenus tirés de l’agriculture ne suffisent pas toujours à couvrir les charges de la famille. En plus, ces revenus sont pour la plupart périodiques. Il est donc impératif de trouver une activité annexe, qui ne prend pas beaucoup de temps, mais qui rapporte suffisamment.

La production du charbon de bois se prête parfaitement à ce profil recherché par les agriculteurs.

« Je gagne plus d’argent en faisant du charbon que dans mon champs » affirme avec enthousiaste Bernard, un jeune villageois.

Comment les populations se sont-elles mises à la production du charbon de bois ?

Kongrossi explique : « Très souvent, à la fin des défrichements et préparations de terrains, les arbres et arbustes coupés sont entassés et brûlés pour obtenir du charbon de bois. La vente de ce charbon sur le marché local et la forte demande ont rapidement attiré mon attention, donc je me suis mis à produire à grande échelle. C’est pour moi une source permanente de revenus ».

1000 FCFA pour certains ou 1500FCFA pour d’autres, les sacs de charbon s’arrachent comme de petits pains, au grand plaisir des vendeurs. D’énormes commandes sont même acheminées chaque jour sur la métropole, Abidjan.

N’guessan, un jeune vendeur confie : « c’est avec l’argent gagné, en produisant du charbon au village que je vais m’inscrire à la rentrée et acheter mes fourniture scolaires. C’est ma façon à moi d’aider mon père ».

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Site de production de charbon de bois (crédit photo)

La réglementation en matière de production de charbon de bois existe. Mais son application semble échapper à tous. Aussi, les pénuries répétées de gaz butane pour les ménages contraint-il les populations à l’utilisation massive du charbon. La forêt et la protection de l’environnement sont reléguées très loin sur la liste des priorités.

Jacques KIRIOUA

Journée Mondiale de l’eau

Journée Mondiale de l'eau

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 22 décembre 1992 la résolution A/RES/47/193 qui déclara le 22 mars de chaque année « Journée mondiale de l’eau », à compter de l’année 1993, conformément aux recommandations de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED).

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Thème de la journée 2016 :
L’eau et l’emploi

L’eau est un élément primordial de la vie. Elle est non seulement vitale en matière de santé, mais aussi d’emplois en permettant de subvenir au développement économique, social et humain.

Site UN…

Nos vies sans…

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Crédit photo

Partout dans les rues du pays des emballages plastiques usagés laissés ça et là. Il n’est point besoin de mentionner que nos villes ne possèdent pas de poubelles publiques. C’est dans un décor stupéfiant d’emballage multicolores que chacun vaque tranquillement à ses occupations. Les tas d’immondices qui s’accumulent un peu partout laissent échapper de nombreux emballages, à chaque coup de vent. Les rues sont généreusement débarrassées de leurs emballages plastiques par les eaux de ruissellement. Le résultat est spectaculaire. Que de caniveaux bouchés, que de rues inondées.

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Égout obstrué par les déchets plastiques (crédit photo)

Dans tous les marchés, supermarchés, magasins, pharmacies, petites et moyennes surfaces, ce sont des milliers et des milliers d’emballages plastiques qui sont lâchés chaque seconde dans la nature. Le stock grossit chaque jour à vue d’œil. Les clients sont de plus en plus exigeants.

« Je dois emballer tous les articles qu’on m’achète, même ceux qui n’en exigent pas, sous peine de voir le client se mettre en colère. » laisse entendre un boutiquier.

Les lieux les plus pollués par les emballages plastiques sont les petits marchés de quartiers, les gares routières et la périphérie des écoles primaires et secondaires.

Les dangers des emballages et autres matières plastiques

La pollution de l’environnement par les matières plastiques est l’une des plus graves au monde. Ils sont composés le plus souvent de polyéthylène d’origine pétrolière. En effet la matière plastique se décompose très difficilement. En général, il faut environ 400 ans pour qu’un simple sac en plastique, produit en 1 seconde, se décompose dans la nature. Ainsi ce sont de milliers de tonnes de déchets plastiques qui sont produits chaque seconde dans le monde.

Cependant une note d’espoir

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De nombreuses alternatives biosourcées se développent un peu partout dans le monde, pour remplacer les polyéthylènes d’origine pétrolière ; comme toujours l’Afrique est en reste. Nous avons entre autres :

a) Les polyéthylènes oxo-biodégradables

Il existe de nombreux termes pour caractériser les plastiques dégradables : « dégradable », « totalement dégradable » et « oxo-biodégradable ». Tous ces termes se ressemblent et intègrent une technologie identique à celle utilisée par les polyéthylènes à base de pétrole.

b) Le polyéthylène vert

Produit pour la première fois en juin 2007, par la compagnie brésilienne Braskem. Il est synthétisé à partir d’éthanol issu de la canne à sucre. L’analyse du cycle de vie de ce matériau reste cependant médiocre, mais les efforts des chercheurs se poursuivent.

c) Le Néosac

Le Néosac, invention d’origine française, est un sac en polyéthylène qui est, d’après ses promoteurs, biodégradable. Il a la même résistance mécanique que le sac classique mais sa composition chimique le rendrait « biodégradable », car il se fragmente en morceaux de plus en plus petits jusqu’à disparaître au bout d’environ 3 mois.

d) L’amidon de maïs

Une invention d’origine italienne permet de fabriquer des sacs grâce à une combinaison entre l’amidon du maïs et un polyester aliphatique aromatique d’origine pétrolière. Le procédé de fabrication et les machines de production sont les mêmes qu’avec le polyéthylène, sauf que la matière première est remplacée par des granulés obtenus à partir de l’amidon de maïs. Il existe également des procédés faisant appel à d’autres graminées ou à de l’amidon de pomme de terre.

e) Les biopolymères PHA

Les biopolymères PHA sont fabriqués à partir de micro-organismes. Des scientifiques italiens du Parc scientifique et technologique de Sicile réalisent des travaux sur la fabrication de sacs avec des biopolymères PHA.

Jacques KIRIOUA

Bientôt ses habitants sous la mer…

Des maisons et des rues inondées à marée haute, érosion rapide du littoral ; Grand-Lahou, la belle ville balnéaire est en passe de devenir un lointain souvenir.

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  Crédit photo

La ville de Grand-Lahou est située au sud de la Côte d’Ivoire, à environ 150km à l’ouest d’Abidjan. Elle possède de nombreuses et belles plages pour le plaisir des populations et surtout des touristes. Située non loin du Parc National d’Asagny, la ville est localisée dans l’embouchure du fleuve Bandama, près de la lagune Ebrie.

 

Le littoral qui se trouvait, il y a quelques années, à plus de 200m de la ville subit une érosion continuelle et irréversible au point qu’aujourd’hui, de nombreux ménages sont menacés par les inondations pendant les marées montantes. Le littoral se trouve en ce moment à moins de 30m des premières habitations.

En plus de l’élévation du niveau de la mer, Grand-Lahou fait face au problème de l’érosion marine. Les habitants de cette région critiquent le fait que les autorités du pays n’ont pas adopté de mesures pour combattre ce phénomène.

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Crédit photo

Il y a une vingtaine d’années, près d’un kilomètre de plage et de cocotiers séparait la mer du centre de Grand-Lahou. Aujourd’hui, la mer a rejoint la ville.

C’est une grande désolation de voir le cimetière de nos parents partir dans la mer, a déclaré Arsène Assouan Usher, maire de Grand-Lahou et ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères.

La ville, bâtie sur une bande de terre entre l’océan et la lagune, disparaît peu à peu sous les eaux. Selon les estimations, Grand-Lahou pourrait disparaître dans moins d’un demi siècle.

Le réchauffement de la planète fait déjà des désastres. La montée de la mer menace dangereusement nos côtes par l’érosion, comme à Grand-Lahou, a déploré Daniel Aka Ahizi, ancien ministre ivoirien de l’Environnement et des Eaux et Forêts.

De nombreux édifices coloniaux bâtis sur le littoral sont déjà à la merci des vagues. Des réflexions sérieuses doivent être menées pour trouver des solutions aux problèmes que rencontrent Grand-Lahou en ce moment. Les défis des changements climatiques et la protection de notre environnement doivent être au centre de nos préoccupations, si nous voulons habiter sur une planète encore vivable dans les années à venir.

Jacques KIRIOUA

Dénombrement des oiseaux d’eau migrateurs

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Oiseaux migrateurs (crédit photo: lonelyplanet.fr)

Le dénombrement des oiseaux migrateurs se fait chaque année dans le monde. Il se fait à la même période, à savoir du 19 au 20 janvier. Ce dénombrement résulte de la signature de l’Accord sur la Conservation des Oiseaux d’Eau Migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA). C’est un accord intergouvernemental élaboré sous les auspices de la Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices Appartenant à la Faune Sauvage (CMS). Il a été conclu en 1995 à La Haye, aux Pays-Bas et est entré en vigueur le 1er Novembre 1999. Il comprend :

  • 118 pays dans l’aire de répartition mondiale ;
  • 62 pays de l’Union Européenne, sont devenus Membres ;
  • 25 sur les 53 états africaines ont ratifiée l’Accord.

Mission de l’AEWA

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AEWA logo sticker (crédit photo)

Les missions de l’AEWA sont le maintien des espèces d’oiseaux d’eau migrateurs et leurs populations dans un état favorable de conservation, le long de leurs voies de migration, dans les 118 pays de l’aire de répartition et prévoir des actions concertées et coordonnées qui doivent être prises par les États de l’aire de répartition dans le cadre du système de migration des oiseaux d’eau.

Qu’est-ce qu’un dénombrement ?

Le dénombrement est la collecte systématique d’informations au fil du temps, sur l’évolution du nombre des oiseaux migrateurs.

Pourquoi faire le dénombrement des oiseaux d’eau ?

Dénombrement des oiseaux d’eau permet de :

  1. Estimer la taille de la population des espèces d’oiseaux d’eau ;
  2. Décrire les changements en nombre et en répartition de ces populations ;
  3. Évaluer l’importance des sites individuels des oiseaux d’eau ;
  4. Évaluer l’efficacité des mesures de conservation et fournir un système d’alerte aux problèmes.

Sites de dénombrement des oiseaux d’eau en Côte d’Ivoire

Les principaux sites de dénombrement sont :

  • La Baie de Cocody (Abidjan) ;
  • Le Canal de Vridi (Abidjan) ;
  • Les Lacs de Yamoussoukro ;
  • Parc National d’Azagny (Grand-Lahou) ;
  • Parc National des Iles Ehotilés (Aboisso).

Défis du dénombrement des oiseaux d’eau en Côte d’Ivoire

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Crédit photo

De nombreux défis attendent la Côte dans le domaine du dénombrement des oiseaux d’eau. Nous avons entre autres :

  •  le renforcement de capacité des agents formateurs sur le dénombrement et le suivi ;
  •  la connaissance exacte de la situation des oiseaux d’eau en Côte d’Ivoire ;
  •  l’équipement en jumelles, télescopes et guides de détermination des oiseaux d’eau ;
  •  la formation les agents des eaux et forêts dans le suivi des sites ;
  •  l’élaborer des projets de suivi des sites, notamment ceux de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) ;
  •  la rechercher de nouveaux sites.

Jacques KIRIOUA

La perle en peine

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Pollution lagunaire (crédit photo: abidjan.net)

 

Le degré de pollution de la lagune Ebrié à Abidjan est à son comble. Ce plan d’eau qui faisait la fierté d’Abidjan en fait aujourd’hui la plus grande honte. Les odeurs nauséabondes que dégagent la lagune en ce moment dérangent populations riveraines et touristes. Pour cause la lagune est devenue le lieu privilégié de dépôt des ordures ménagères et des eaux usées. Les ouvrages d’art et canalisation de drainage des eaux vers la lagune sont obstrués par des dépôts sauvages d’ordures.

Certains ménagent raccordent leurs canalisations d’eaux usées sur les ouvrages de drainages. Cela conduit à un déversement direct des eaux usées sans aucune forme d’épuration. Les populations accusent le mauvais programme de ramassage des ordures et le mauvais raccordement de certains quartiers sur les réseaux de drainage des eaux usées. Elles sont donc amenées à déverser leurs ordures dans les caniveaux au lieu de les déposer sur les chaussées.

L’accumulation des déchets dans la lagune entraine une pression constante sur les ressources aquatiques. Ceux-ci sont amenés à s’éloigner des berges pour trouver des sites moins pollués pour leur reproduction. Les activités économiques sont également mis à mal par cette pollution. En effet, les opérateurs économiques installés en bordures de ce plan d’eau ne reçoivent plus la clientèle attendue. Les balades en bordures de lagune à Abidjan ne sont plus un plaisir pour les populations et les touristes.

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Un nid de maladies

Le retrait de la lagune, l’enherbement des bordures et les déchets qui jonchent la lagune ne sont point des attributs de fierté pour Abidjan, qualifiée de « perle des lagunes ». L’ensemble des abidjanais souhaitent que des décisions concrètes soient prises par les autorités compétentes pour les protéger d’éventuels épidémies de paludisme, de choléra, de bilharziose, etc. et sauvegarder ce plan d’eau lagunaire, véritable pôle d’attraction du tourisme abidjanais.

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Dépollution de la lagune (crédit photo)

Les actions entreprises à ce jour par le gouvernement sont la dépollution et l’aménagement de la corniche entre le quartier des affaires (Plateau) et la commune huppée de Cocody. Beaucoup reste à faire pour les autres communes et quartiers populaires de la ville.

Jacques KIRIOUA

A qui la faute?

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Crédit photo: abidjan911.com

« Quoi ? Il n y a pas de poubelle publique dans la commune ? Ce n’est vraiment pas possible. Nous avons pourtant organisé une séance de don de poubelles l’année passée », laisse t-on souvent entendre.

Le constat est plus que triste. L’installation des deux ou trois poubelles publiques doit être filmé et longuement diffusé sur les antennes de la télévision. De simples séances de nettoyage des lieux publics cachent des désirs d’organisation de moments de réjouissance avec soutient de parrains nantis. On préfère inonder nos rues d’ordures et attendre des financements.

Dans la plupart des quartiers populaires, il n’existe pas de poubelles publiques. Seuls quelques quartiers résidentiels possèdent au moins une poubelle au kilomètre carré. Ainsi, les quartiers malpropres demeurent de plus en plus, car il est plus facile de se débarrasser de ses ordures dans des lieux sales plutôt que dans des endroits propres et bien entretenus.

L’argument principal de ce manque criard de poubelles communautaires est le manque de moyens. Cependant, il est tellement facile pour nos autorités d’enjamber les ordures dans de grosses cylindrées aux vitres teintées, surtout qu’ils ne font jamais attention aux trottoirs transformés en dépotoirs.

« Nous comprenons que les moyens soient limités pour traiter la question de la salubrité publique, mais les responsables des structures en charge de ces secteurs sont invisibles sur le terrains. Ce sont de parfaits bureaucrates », s’indignent les ivoiriens.

Après plus d’une cinquante d’années d’indépendance, on est encore à se demander où trouver des moyens pour doter nos villes de poubelles publiques.

En attendant que nos autorités se réveillent, les ivoiriens pourraient adopter des comportements plus responsables, car la population représente le premier coupable de l’inondation des rues par les déchets. Par exemple, en disposant chacun sa poubelle devant sa maison, on aura ainsi une espèce de relai de poubelles qui servirait en même temps aux propriétaires et aux passants. La balle est à présent dans notre camp…

Jacques KIRIOUA